Ma première semaine de Mysore

Bonjour à tous ! 

Aujourd’hui, je souhaite partager un article different des autres … il s’agit de ma semaine au yoga. Suite aux vives recommendations de ma yogi favorite, je me suis inscrite à une semaine de yoga mysore. Entre le moment où j’ai décidé de le faire, et le moment où je me suis lancée se sont écoulés 8 mois…. 

Commençons pas le début: le mysore, c’est quoi ? 

Le nom complet est Ashtanga Vinyasa Yoga style Mysore. Plutôt que copier coller une définition tout faite je vais tenter de vous expliquer avec mes mots. 

Contrairement à un cours classique, le mysore se pratique à son propre rythme, dans une salle de cours où tout le monde pratique à des niveaux différents. Le centre dans lequel j’ai pratiqué permet d’arriver entre 6.00 et 8.00 du matin. Chacun arrive quand il veut, et le prof supervise et assiste chacun individuellement lorsqu’ils en ont besoin. 

Commençons l’aventure !


Lundi : Réveil à 6h, je commence à trouver toutes les excuses de la terre pour ne pas y aller (il fait froid, c’est loin, je ne connais pas, le mysore n’est peut être pas fait pour moi, je n’ai même pas appris les enchaînements, la salle de sport est juste à côté je n’ai qu’à y pratiquer pendant 1h toute seule…). Je fais un petit check-up intérieur et je m’aperçois que c’est la peur de l’inconnu qui me fait douter. 

Je brandis mon tapis et je fonce dans la city pour saluer le soleil. Un mélange d’excitation et de peur m’envahissent. À 10 minutes de ma destination, je me perds dans les petites rues de la city… Et le drame arrive : mon téléphone s’éteint, plus de batterie. Je demande à quelques rares personnes dans la rue mais personne ne peut m’aider.

Retour à la maison, je me félicite d’avoir au moins eu le courage de me lever et de sortir à l’aventure. 

Leçon apprise : toujours charger son téléphone.

Mardi : Réveil à 6h, le portable est chargé. Je marche jusqu’au centre (tellement facile à trouver…). J’entre dans la salle et je suis frappée par un climat tropical… Les radiateurs sont à fond et la sueur des courageux qui sont arrivés avant moi flotte dans les airs. Je trouve un endroit où placer mon tapis et suis en appréhension totale… Fidèle à la lycéenne que j’étais il y a bien des années, je suis arrivée les mains dans les poches, sans rien réviser… J’installe mon tapis et je cherche le prof des yeux. Je pense le reconnaître, en train d’aider une élève à se laisser tomber en arrière pour arriver en wheel pose. 

Il me voit et m’approche pour poser des questions, comment je m’appelle, d’où je viens car il n’a jamais entendu ce prénom avant, quelles sont mes pratiques précédentes… Je suis embarrassée à l’idée de lui dire que je n’ai jamais fait de Ashtanga. Il m’a mise à l’aise tout de suite et m’a demandé si je connaissais les salutations au soleil A et B. Ce à quoi j’ai pu répondre oui ! Et je me suis lancée, après avoir jeté un coup d’œil dans la salle pour vérifier que je ne faisais pas n’importe quoi non plus. Il s’avère que les salutations au soleil en Vinyasa Flow sont légèrement différentes. Heureusement, donc, que ma copine est arrivée en même temps que moi. Le soleil est sauvé, j’ai pu la copier. 

Je suis absolument fascinée par la façon dont elle enchaîne les mouvements, c’est un mélange de grâce et de force dans le plus parfait équilibre! Le prof quant à lui, m’impressionne, passant d’élève en élève, sachant exactement quoi faire, à quel moment, et avec qui. Il semble exécuter une chorégraphie. Il doit tellement pratiquer que le moindre de ses mouvements s’intègre dans un flow permanent. Je termine mes salutations au soleil, et là petit moment de solitude, je suis sur l’avant de mon tapis et je regarde autour de moi pour voir ce que les autres font.

(Image de http://yogatticstudio.blogspot.co.uk/2015/05/sun-salutation-a.html)

C’est à ce moment que je suis sauvée par une fée, assistante du prof qui a terminé sa pratique et qui vient gentiment à ma rescousse. Je la vois demander au prof à chaque fois qu’elle veut me montrer un autre mouvement. C’est donc lui qui décide si oui ou non chaque élève est prêt à avancer dans les séries. Elle me demande si, debout, je peux attraper mon gros orteil droit et tendre la jambe devant moi. Je m’exécute et commence à perdre l’équilibre! Avec la chaleur, je commence à voir des étoiles. Après quelques secondes, c’est reparti, et je continue, avec son aide, les enchaînements. 

La première séance fut courte, car le prof a décidé de me faire arrêter assez tôt dans la série 1 après avoir fait les poses fondamentales. Je remercie chaleureusement la personne qui m’a aidée et, sur la route du retour, tente de mémoriser les enchaînements…

Mercredi : Réveil à 6h, j’appréhende la séance en me demandant si le prof va me laisser avancer dans la série 1 ou non. Cette question se rattache à un problème d’égo qu’il faut pourtant savoir abandonner si l’on veut être une yogi digne de ce nom. Je pars vers le centre, déterminée et laisse mon égo dans le casier jusqu’à la fin du cours. Le silence reigne dans la salle, seules des respirations lentes peuvent être entendues, avec les chuchotements du prof. 

Après les salutations au soleil, je me lance dans les enchaînements de la série 1. Autant vous dire que j’ai tout mélangé … Cela n’a pas échappé au prof ! D’ailleurs j’ai bien l’impression que rien ne lui échappe! Il s’aperçoit aussi que je suis physiquement épuisée (par mon entraînement de la veille au soir). 

En pleine chandelle, j’entends derrière moi quelqu’un qui laisse échapper un « p****n ». Je suis assez surprise, premièrement, je ne suis pas la seule française, deuxièmement, je ne pensais pas que ce langage pouvait sortir de la bouche d’une yogi en plein pratique. Quand j’ai vu la complexité de la pose qu’elle tentait d’exécuter, j’ai cependant compris.

Avec des difficultés je parviens à intégrer de nouveaux mouvements dans ma pratique, mais pas autant que j’aurais souhaité… 

Le mysore requiert donc, en qualité première, une humilité à toute épreuve. C’est le prof qui décide si oui ou non nous sommes prêts à avancer. Même si nous nous sentons prêts et même si nous estimons que nous sommes physiquement capables de faire quelques chose, cela ne signifie pas que nous pouvons le faire. Il faut accepter de laisser le contrôle de sa pratique à un tiers. En l’occurrence, j’ai décidé de donner ma confiance absolue au prof. 

Nous verrons si ma patience perdure…


(Image de http://yogatticstudio.blogspot.co.uk/2015/05/sun-salutation-a.html)

Jeudi : Réveil à 6h, je sens la fatigue s’installer. La pratique est donc plus fatiguante que je n’avais anticipé. La salle est moins remplie et je m’en réjouis. Peut-être que le prof aura plus de temps pour moi aujourd’hui, et que je pourrai enfin avancer dans les séries? Cette fois-ci, je n’ai pas su résister à la tentation de prendre des fiches avec moi. 

Au moment d’entrer dans la salle, je ne suis pas en paix avec moi-même. J’essaye malgré tout de les dissimuler derrière mon tapis lorsque je rentre dans la salle. Il y fait toujours aussi chaud et humide. 

Je croise le regard du prof, et je ne sais pas si c’est la culpabilité qui me rend parano, ou s’il me regarde vraiment avec un air suspicieux. Aurait-il vu ma tentative de tricher ?

Je tente de suivre les fiches, qui finalement ne font que contribuer à rendre la mémorisation plus complexe. Une fois encore, je mélange les postures, je fais des vinyasa là où il n’y en a pas et je ne les fais pas quand il en faut. 

En plein lotus, je reçois un jet d’eau. Je me retourne alors, curieuse, pensant que quelqu’un décide de me faire une blague ! Non, c’est quelqu’un qui utilise un vaporisateur d’eau sur lui. Cette pratique curieuse me pousse à suivre cette personne du regard jusqu’à son tapis. J’ai largement dépassé les 5 respirations prescrites mais je suis trop intriguée pour me remettre en mouvement. Cette personne avait-elle trop chaud ? Je la vois commencer à se tordre dans un positions complexe… elle s’est aspergée d’eau pour que sa peau ne glisse pas ! J’étais sur le derrière, littéralement…

Le prof ne me propose aucune nouvelle posture et je repars avec un sentiment d’échec, mais je reste fascinée par tout ce que je vois et ma motivation à progresser augmente après chaque séance.

En plus d’humilité, il faut donc s’armer de patience.


(Image de http://www.trueryan.com/store/download-the-primary-series-chart/)

Vendredi : Réveil à 6h, je décide de ne pas prendre mes fiches et je révise un peu dans le bus. J’arrive et je me lance. Malgré un sentiment de fatigue, mon corps conserve sa force et je parviens à bien exécuter mes salutations ainsi que les poses fondamentales. 

Le prof m’apprend un nouvelles posture assise, mais nous en restons là. 

Malgré mon impatience, j’accepte de ne pas avancer davantage et respecte la décision du prof. 

Au moment de s’allonger, en fin de séance, j’aperçois à ma droite une personne en train de pratiquer des transitions. Il s’agit de sauts, en équilibre sur les mains, qui requièrent une force et une agilité immense. Je suis en admiration totale et ne peux m’empêcher d’admirer. Je tente de le faire le plus discrètement possible afin de respecter sa pratique. Il ne s’aperçoit pas que je l’observe, c’est très bien. Allongée sur mon tapis, je ne parviens pas à fermer les yeux. J’avais à côté de moi une personne qui réalisait des postures que je regarde habituellement sur instagram.

Résultat des courses : je suis impatiente d’y retourner. Cette semaine d’essai a permis de confirmer que c’est le genre de pratique qui me correspond. J’aime le fait de pratiquer avec d’autres gens dans la salle, tout en avançant à mon rythme et en sachant que le prof est toujours là en cas de besoin. Il semble lire dans les pensées et arrive toujours au bon moment. 

Si vous aussi, vous êtes frileux, vous vous sentirez dans votre élément, dans cette salle bien chauffée. Vos muscles se détendent mais il ne fait pas assez chaud pour que vous vous écrouliez après 10 minutes. 

Je suis arrivée à chaque séance relativement fatiguée et suis repartie bien réveillée et prête à affronter la journée.

Peu de personnes sont habilitées à enseigner le yoga style mysore ! S’ils sont si peu, il semble que la sélection soit rude. Cela ne fait qu’amplifier la confiance que j’accorde à l’enseignant. 

Ceci est le témoignage d’une débutante et je fais simplement part de mes impressions. Si vous êtes un habitué, cela vous paraîtra peut-être lointain. 

Avez-vous déjà testé cette pratique ? 
Namaste

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